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Parties communes et parties privatives en copropriété : comment les distinguer ?

La distinction entre parties communes et parties privatives est le fondement même de toute copropriété. Elle détermine ce que chaque copropriétaire possède réellement, ce qui appartient à la collectivité, qui décide des travaux et qui en paie le coût. Pourtant, cette frontière est souvent mal comprise, et de nombreux litiges de copropriété naissent d’une confusion sur le statut d’un balcon, d’une fenêtre, d’une canalisation ou d’un local.

Le cadre est posé par la loi du 10 juillet 1965, qui définit précisément ces deux notions et fixe une présomption utile en cas de doute. La loi ELAN du 23 novembre 2018 a par ailleurs clarifié plusieurs situations intermédiaires, comme les parties communes à jouissance privative. CONSORIA, syndic de copropriété à Versailles, Le Chesnay-Rocquencourt et Viroflay, vous explique tout : définitions, critères de distinction, catégories de parties communes, répartition des charges et règles d’usage.

Parties communes et parties privatives en copropriété : ascenseur dans le hall d'un immeuble

Parties communes et parties privatives : de quoi parle-t-on ?

Une copropriété repose sur une idée simple : dans un même immeuble, certaines parties appartiennent en propre à chaque copropriétaire, tandis que d’autres sont partagées par tous. Cette division en parties communes et parties privatives est organisée par la loi du 10 juillet 1965, texte de référence du statut de la copropriété.

Les parties privatives : la propriété exclusive du copropriétaire

Les parties privatives sont les parties des bâtiments et des terrains réservées à l’usage exclusif d’un copropriétaire déterminé. Elles constituent sa propriété exclusive. C’est ce que définit l’article 2 de la loi du 10 juillet 1965.

Concrètement, il s’agit de l’intérieur du logement : les cloisons intérieures, les revêtements de sol, la peinture, les portes intérieures, les installations sanitaires ou encore les placards. Le copropriétaire en dispose librement, dans le respect du règlement de copropriété et de la destination de l’immeuble.

La surface des parties privatives sert de base au calcul des tantièmes, c’est-à-dire de la quote-part de chaque lot dans la copropriété. Ces tantièmes déterminent à la fois le poids de vote en assemblée générale et la répartition d’une partie des charges.

Les parties communes : l'usage collectif de l'immeuble

Les parties communes sont les parties des bâtiments et des terrains affectées à l’usage ou à l’utilité de tous les copropriétaires, ou de plusieurs d’entre eux. Cette définition figure à l’article 3 de la loi du 10 juillet 1965. Elles appartiennent indivisément à l’ensemble des copropriétaires, chacun en détenant une quote-part exprimée en tantièmes.

La loi cite expressément comme parties communes, à défaut de stipulation contraire du titre :

  • le sol, les cours, les parcs et jardins, les voies d’accès ;
  • le gros œuvre des bâtiments, les éléments d’équipement commun, y compris les parties de canalisations qui traversent des locaux privatifs ;
  • les coffres, gaines et têtes de cheminées ;
  • les locaux des services communs ;
  • les passages et corridors.

En pratique, on y retrouve aussi le hall d’entrée, les cages d’escalier, les ascenseurs, la toiture, les façades, les canalisations collectives et les espaces verts. La gestion et l’entretien de ces parties relèvent du syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic de copropriété.

Comment distinguer une partie commune d'une partie privative ?

La frontière n’est pas toujours évidente. Une fenêtre, un balcon ou un volet peuvent relever de l’une ou l’autre catégorie selon les cas. Trois repères permettent de trancher.

Le critère de l'affectation

Le premier critère est celui de l’affectation, c’est-à-dire l’usage auquel l’élément est destiné. Un élément affecté à l’usage exclusif d’un seul copropriétaire est en principe privatif. Un élément affecté à l’usage ou à l’utilité de plusieurs copropriétaires est en principe commun.

Ce critère explique certaines subtilités. Le gros œuvre d’un mur porteur est commun car il assure la solidité de tout l’immeuble, même s’il borde un logement. À l’inverse, le revêtement intérieur de ce même mur est privatif.

Le rôle du règlement de copropriété

Le règlement de copropriété est le document qui détaille, pour chaque immeuble, la liste des parties communes et des parties privatives. Il peut adapter les règles générales de la loi, tant qu’il ne les contredit pas de manière abusive. C’est donc la première source à consulter en cas de doute sur le statut d’un élément.

Le règlement fixe également les conditions d’usage des parties communes et la répartition des charges qui s’y rapportent. Pour bien comprendre son contenu et sa portée, consultez notre article dédié : Règlement de copropriété : que contient-il et comment le modifier ?

La présomption de partie commune en cas de silence des titres

Que se passe-t-il lorsque le règlement de copropriété est muet ou contradictoire sur le statut d’un élément ? La loi du 10 juillet 1965 pose une présomption protectrice : dans le silence ou la contradiction des titres, les parties énumérées à l’article 3 sont réputées communes.

Cette règle a une conséquence importante : en cas de doute, un élément a plus de chances d’être qualifié de commun que de privatif. Elle évite qu’un copropriétaire ne s’approprie, par défaut, un espace dont le statut n’a pas été clairement défini.

Les différentes catégories de parties communes

Toutes les parties communes ne se ressemblent pas. La loi distingue plusieurs catégories, dont certaines ont été précisées par la loi ELAN du 23 novembre 2018.

Parties communes générales et parties communes spéciales

Les parties communes générales sont affectées à l’usage de l’ensemble des copropriétaires : le hall, la toiture, les façades ou les fondations. Tous les copropriétaires y ont un droit d’usage et participent à leur entretien.

Les parties communes spéciales, elles, sont affectées à l’usage et à l’utilité de plusieurs copropriétaires seulement, sans concerner tout l’immeuble. C’est le cas, par exemple, de l’ascenseur d’un bâtiment donné dans une résidence qui en compte plusieurs, ou d’un couloir desservant uniquement certains lots. La loi ELAN a inscrit ces parties communes spéciales dans la loi de 1965 et a précisé qu’elles doivent être mentionnées dans le règlement de copropriété. Seuls les copropriétaires concernés votent les décisions et supportent les charges qui s’y rapportent.

Les parties communes à jouissance privative

Les parties communes à jouissance privative constituent une catégorie particulière, souvent source de confusion. Il s’agit de parties communes dont l’usage est réservé à un seul copropriétaire, alors même que la propriété reste collective.

Autrement dit, le copropriétaire dispose d’un droit de jouissance exclusif, mais il n’est pas propriétaire de l’élément. Les balcons, les cours, les jardins ou les toits-terrasses attachés à un lot précis en sont les exemples les plus fréquents.

La loi ELAN a inséré un article 6-3 dans la loi du 10 juillet 1965 pour sécuriser ce régime. Deux principes en découlent. D’une part, le droit de jouissance privative est nécessairement accessoire au lot auquel il est rattaché : il se transmet automatiquement à chaque nouvel acquéreur du lot, ce qui n’était pas garanti auparavant. D’autre part, l’existence d’une partie commune à jouissance privative doit être expressément mentionnée dans le règlement de copropriété.

Cette distinction a des effets concrets. Le titulaire du droit de jouissance ne peut pas transformer l’espace à sa guise, par exemple fermer un balcon ou construire sur une terrasse, sans l’accord de l’assemblée générale. La partie reste commune, et donc soumise aux décisions collectives.

Qui entretient et qui paie quoi ?

La qualification d’une partie en commune ou privative commande directement la répartition des responsabilités et des dépenses. C’est là que la distinction prend toute son importance financière.

L’entretien et les réparations des parties privatives sont à la charge exclusive du copropriétaire concerné. S’il refait sa salle de bain ou change ses fenêtres lorsqu’elles sont privatives, il en assume seul le coût.

L’entretien, les réparations et les travaux sur les parties communes sont financés par la copropriété, via les charges de copropriété. Ces charges sont réparties entre les copropriétaires en fonction des tantièmes de chaque lot, et selon les clés de répartition prévues au règlement de copropriété. Le syndic de copropriété organise ces travaux, qui sont votés en assemblée générale à la majorité requise.

Pour approfondir la logique de répartition des dépenses, consultez notre article Charges de copropriété : qui paie quoi ? ainsi que notre guide sur les travaux en copropriété.

Un point de vigilance mérite d’être souligné. Certains éléments ont un statut mixte ou discuté, comme les fenêtres, les volets, les garde-corps de balcon ou les portes palières. Selon les copropriétés, ils peuvent être qualifiés de privatifs, de communs, ou faire l’objet de règles particulières dans le règlement. Avant d’engager des travaux ou de réclamer une prise en charge, il est donc essentiel de vérifier le règlement de copropriété et, en cas de doute, d’interroger le syndic.

Que peut-on faire, ou pas, dans les parties communes et privatives ?

Le copropriétaire dispose librement de ses parties privatives, à condition de ne pas porter atteinte aux droits des autres copropriétaires ni à la destination de l’immeuble. Il ne peut, par exemple, exercer une activité interdite par le règlement, ni modifier un élément privatif d’une manière qui affecterait une partie commune, comme percer un mur porteur.

Les parties communes, elles, sont à l’usage de tous. Chaque copropriétaire peut les utiliser, mais sans en gêner l’usage collectif ni se les approprier. Occuper durablement un palier, entreposer des affaires dans un couloir ou installer un équipement sur une façade sans autorisation constitue une atteinte aux parties communes.

Toute modification affectant une partie commune, même par le titulaire d’un droit de jouissance privative, suppose une autorisation de l’assemblée générale. C’est notamment le cas pour la fermeture d’un balcon, l’installation d’une véranda sur une terrasse commune ou le percement d’une façade. Réaliser de tels travaux sans vote régulier expose à une action du syndicat des copropriétaires et à une remise en état.

FAQ : parties communes et parties privatives en copropriété

Une fenêtre est-elle une partie commune ou privative ?

Cela dépend du règlement de copropriété. Dans de nombreuses copropriétés, les fenêtres sont considérées comme privatives pour l’usage, mais leur aspect extérieur relève des parties communes, ce qui impose une harmonie de façade. Il faut donc consulter le règlement avant tout remplacement.

Le plus souvent, un balcon est une partie commune à jouissance privative : son usage est réservé à un copropriétaire, mais il appartient à la collectivité. Le gros œuvre et l’étanchéité restent communs. Toute transformation, comme une fermeture, nécessite l’accord de l’assemblée générale.

Les travaux sur les parties communes sont financés par l’ensemble des copropriétaires, via les charges de copropriété, réparties selon les tantièmes de chaque lot. Ils sont décidés en assemblée générale à la majorité applicable.

La première source est le règlement de copropriété, qui liste les parties communes et privatives de l’immeuble. En cas de silence ou de contradiction, la loi présume que l’élément est une partie commune. En cas de doute persistant, le syndic peut apporter une réponse.

Non, sauf décision de l’assemblée générale. Occuper ou clôturer une partie commune sans autorisation est irrégulier. L’assemblée peut, dans certains cas et à la majorité requise, accorder un droit de jouissance exclusif ou décider d’une cession, mais cela suppose un vote en bonne et due forme.

Une partie commune spéciale est affectée à l’usage de plusieurs copropriétaires seulement, et non de tout l’immeuble. Seuls les copropriétaires concernés en votent les décisions et en supportent les charges. Elle doit être mentionnée dans le règlement de copropriété.

Parties communes et parties privatives : ce qu'il faut retenir

La distinction entre parties communes et parties privatives structure toute la vie d’une copropriété. Les parties privatives sont la propriété exclusive d’un copropriétaire, qui en assume seul l’entretien. Les parties communes appartiennent indivisément à tous, sont gérées par le syndicat des copropriétaires et entretenues via les charges réparties selon les tantièmes.

Pour trancher un cas précis, le réflexe est de consulter le règlement de copropriété, puis, en cas de silence ou de contradiction, d’appliquer la présomption légale de partie commune posée par la loi du 10 juillet 1965. Certaines situations intermédiaires, comme les parties communes spéciales ou à jouissance privative, ont été clarifiées par la loi ELAN de 2018 : elles restent communes, mais avec un usage réservé, et toute transformation suppose l’accord de l’assemblée générale.

Bien comprendre cette frontière, c’est éviter la plupart des litiges, anticiper la bonne répartition des travaux et prendre des décisions éclairées, y compris lors de l’achat ou de la vente d’un lot en copropriété. En tant que syndic de copropriété indépendant à Versailles, Le Chesnay-Rocquencourt et Viroflay, CONSORIA accompagne les copropriétaires et les conseils syndicaux dans la lecture de leur règlement et la gestion quotidienne de leur immeuble.

Cet article vous est proposé par CONSORIA

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